En tant qu’héritier de courants maçonniques et d’une pensée philosophale, le Grand Conseil est le garant et le défenseur de principes fondamentaux et inaliénables. Il affirme avec force la dignité humaine, le respect absolu de la liberté de conscience, impliquant pour chacun la liberté totale de croire ou de ne pas croire, dans le strict respect des convictions religieuses qui restent strictement du domaine privé.
Il affirme également l’égalité complète et entière de toutes et tous ses membres, notamment sans distinction de genre. Par principe, il professe le refus catégorique de toute forme de domination ou d’emprise, qu’elle soit profane, idéologique, politique ou sectaire, afin de garantir le libre examen et l’autonomie de sa démarche. Se constituant en une instance unique, cette Fédération assure la cohérence et la pérennité de son œuvre philosophique et fraternelle.
Chaque membre demeure libre de poursuivre son propre chemin de recherche et de pratique, dans l’esprit d’une étude ouverte et d’une bienveillante curiosité à l’égard des autres traditions, écoles et systèmes. Il n’est pas nécessaire d’être alchimiste pour y prendre part : l’alchimie y est un langage et un outillage parmi d’autres, proposé, jamais exigé, en dialogue avec des approches philosophiques, symboliques, scientifiques ou spirituelles compatibles avec nos principes.
Le Grand Conseil du Rite Philosophal travaille à la gloire du Grand Principe de la Nature. Cette formule renvoie à une transcendance immanente : une Nature-Principe intelligible qui rappelle l’éthique spinoziste (Dieu ou la Nature comme ordre nécessaire), et l’axe stoïcien de Sénèque (se régler sur la raison commune du monde, verticale intérieure qui relie l’homme à l’univers). En l’énonçant comme Principe plutôt que comme divinité confessionnelle, l’invocation s’accorde à l’alchimie (loi d’unification et de transformation du vivant) tout en laissant chacun libre d’y voir Dieu, la Nature, ou simplement l’exigence rationnelle d’un ordre du monde.
Enfin, nous ne prêtons serment que sur l’honneur et la conscience : c’est une garantie sans apparat, mais d’une exigence absolue — et l’on sait qu’elle ne s’impose qu’à ceux qui s’y reconnaissent.